Pompiers, gendarmes, militaires, entreprises privées et équipes médicales sont restés massivement mobilisés à Afaahiti dans la nuit de mercredi à jeudi pour poursuivre les recherches, rendues possibles par plusieurs éclairages d’appoint. Le visage et les yeux rougis par le soleil et la fatigue, le chef d’agrès Gonthier, sapeur-pompier de Taiarapu-Est, est intervenu à la pelle en alternance avec les engins. “La journée et la nuit ont été très éprouvantes entre le deuxième éboulement et la découverte des victimes. C’était important de les retrouver pour permettre aux familles de faire leur deuil”, confie-t-il. Malgré les risques, la mobilisation des chauffeurs de drague a été tout aussi cruciale. Selon les différentes estimations, 1.000 à 2.000 m3 de matériaux auraient été extraits dans le cadre des recherches. “On a retrouvé assez vite les quatre premières personnes, puis trois dans la nuit vers 23 heures, et une dernière ce matin vers 4h30”, explique Irving Amaru.
L’information a été rapidement confirmée par la procureure de la République, Solène Belaouar, qui a précisé que “les huit personnes recherchées ont toutes été retrouvées décédées” : trois femmes, quatre hommes et une fillette de trois ans. Par ailleurs, “aucun élément ne laisse présager la présence d’autre victime dans les gravats”. “C’est une catastrophe et une tragédie. J’adresse, au nom de la commune, mes sincères condoléances aux familles endeuillées. On essaie de rassurer les familles évacuées, qui sont très inquiètes”, remarque le maire de Taiarapu-Est, Anthony Jamet.
Un travail “colossal”
La mission de sauvetage étant terminée, les interventions ont été suspendues. À l’issue de la minute de silence observée sur l’ensemble du territoire en hommage aux victimes, un point de situation a été organisé sur site. “Il y a encore des risques de sur-effondrement, donc il n’est pas question d’exposer des intervenants ou de travailler aujourd’hui”, a indiqué la colonelle Cécile Macarez, directrice de la Protection civile, tout en saluant le “travail colossal” opéré jusqu’ici. “En lien avec le poste de commandement interservices du haut-commissaire et le Pays, nous allons constituer dans la journée une cellule d’experts qui va être renforcée dès cette nuit par des experts de la DIMENC [Direction de l’industrie, des mines et de l’énergie de la Nouvelle-Calédonie, NDLR] et deux experts métropolitains spécialisés en sauvetage déblaiement avec du matériel spécifique [missionnés par la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises du ministère de l’Intérieur, NDLR]. Dès [vendredi], ils vont pouvoir définir les actions et les priorités à mener pour orienter les choix des autorités. Jusqu’à nouvel ordre, dans l’attente de cette expertise, il n’est pas possible de lancer des actions sur le chantier.” Les accès restent donc sous surveillance de la police municipale et de la gendarmerie, d’autant qu’une dégradation des conditions météorologiques est annoncée dans les prochains jours avec du vent et de la pluie.
Cette expertise devrait également permettre de déterminer la possibilité de réintégration des logements. Les préoccupations portent sur la trentaine de familles évacuées, aussi bien en contre-bas de l’éboulement que sur les hauteurs. “Le Pays nous a assuré ce matin que tous les relogements sont en cours en lien avec les mairies pour garantir aux habitants un logement pérenne pour une durée qui n’est pas déterminée à ce stade. Il est possible de venir chercher des effets personnels ou concernant les animaux en se présentant au poste de commandement sur place, et au cas par cas, selon la situation, nous prendrons le temps d’accompagner ces habitants.” La prise en charge psychologique et sociale se poursuit au centre Teaputa de Taravao pour les riverains et les secouristes, et au Centre hospitalier de la Polynésie française (CHPF) pour les familles endeuillées.


